Aspirations socio-économiques

De Wikivalais.

Loèche

Le Valais manque d’un pouvoir central fort, capable de le sortir de son marasme économique et social. Entre 1824 et 1825, des plaintes et des pétitions émanant des milieux industriels et de la bourgeoisie commerçante interpellent la Diète pour dénoncer un système fiscal et une législation obsolète qui étouffent l’ouverture de l’économie valaisanne. Ainsi, le 20 août 1824, quelques représentants de la bourgeoisie bas-valaisanne plaident en faveur de la liberté de commerce et d’industrie : « Que l’on ne nous dise pas que le Valais n’est propre qu’à l’agriculture : ce serait une injure faite au caractère national […]. Favorisons le commerce et tous les genres d’industries utiles et nous verrons le Valais renaître à une nouvelle vie ». Ce texte montre que le système est ultra-protectionniste et favorable à l’aristocratie foncière. La petite bourgeoisie n’entend plus être le « seul contribuable » envers un Etat qui tire l’essentiel de ses revenus des impôts indirects grevant les activités commerciales. Le système des patentes apparaît comme particulièrement injuste car, « tandis qu’un grand propriétaire vit dans l’abondance, perçoit au complet ses revenus et jouit de tous les bienfaits de notre association politique, un pauvre artisan est obligé de payer l’impôt pour avoir le droit d’exercer une profession qui l’aide à végéter ». De plus, les marchands demandent des mesures pour lutter contre la concurrence étrangère jugée déloyale et moralement préjudiciable.

Sommaire

Les routes

Le développement des routes de transit représente également un enjeu qui divise le Haut et le Bas-Valais. En 1824, les quatre dizains occidentaux proposent d’ouvrir une route carrossable par le Grand-Saint-Bernard pour favoriser le commerce avec Gênes et le Piémont, mais le Haut-Valais s’y oppose car il entend concentrer ses efforts sur le Simplon. Le 20 mai 1835, une loi assouplit les conditions d’octroi de crédits ainsi que les normes de construction. C’est un premier élan en faveur de l’amélioration des voies de communication et de l’infrastructure d’accueil, mais le tourisme n’en est encore qu’à ses débuts.

Marasme social

Cependant, la crise économique se double d’un marasme social. La pénurie alimentaire, l’augmentation du prix des céréales, le manque de bois et la hausse des taxes sur le sel renforcent le mécontentement populaire et l’opposition rurale. Les gens du peuple bougent. Le 22 mars 1832, par exemple, dans un Mémoire sur la misère du peuple obéré profondément de dettes, un anonyme dénonce le laxisme de l’Etat face à une population endettée, étranglée par des hypothèques trop élevées, victime de l’usure et contrainte à l’expropriation et à la faillite. L’intérêt général est sacrifié au profit des intérêts individuels. A l’Etat d’assurer la paix politique et sociale par une « philanthropie éclairée » basée sur l’éducation du peuple, sur la création d’occasions de travail par le biais de chantiers d’intérêt public et sur l’organisation de caisses d’emprunts et d’épargne.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

Articles connexes