Aigle royal

De Wikivalais

Dans ce décor flamboyant de l’été indien, les aigles manifestent leur instinct territorial par un spectacle de haut vol d’autant plus enchanteur que la température est encore clémente. A l’entrée de l’hiver, la plupart des jeunes aigles envolés en juillet ont quitté leur parents qui mettent à profit leur oisiveté pour affirmer leur suprématie territoriale avant que les grands froids ne viennent tempérer leur ardeur de vol. A moins qu’un coup de foehn hivernal ne leur offre l’occasion de voler à bon compte, ils resteront plutôt discrets jusqu’au moment de recharger l’aire en vue de la ponte qui sera déposée au début avril.

Aigle royal de première année en compagnie de chocards à bec jaune

Sommaire

L'aigle est sauvé

Paradoxe, à l’heure où les listes rouges s’allongent désespérément, certaines espèces affichent un état de santé étonnamment réjouissant.

Si le faucon pèlerin est réputé auprès des connaisseurs, l’aigle – le roi des oiseaux – est connu du grand public au point d’avoir été choisi officiellement comme oiseau national suisse. Battu au poids par le cygne ou le grand tétras, à l’envergure par le gypaète, à la longueur par la cigogne « au long bec emmanché d’un long cou », l’aigle royal mérite tout de même son titre. La nonchalance de ses orbes planés dit son assurance, l’impression de force qui se dégage de son vol ramé témoigne de sa puissance, ses longs repos d’observation sur les plus hauts sommets de son territoire indiquent sa parfaite maîtrise des lieux.

Ce grand prédateur n’a jamais été apprécié des chasseurs qui voient souvent en lui un concurrent. Quand le cassenoix passait pour un destructeur d’aroles, l’aigle, déjà accusé d’enlever les enfants, portait encore la responsabilité du recul des marmottes, des chamois et même des bouquetins. De là, les primes pour la destruction des « nuisibles » qui ont incité tirs et désairages et ont bien failli éliminer ce prestigieux prédateur.

Depuis sa mise sous protection en 1955, le nombre d’individus tirés annuellement a diminué, et la maigre population de l’époque s’est renforcée. Ce succès découle d’une situation de départ favorable : le recul de l’aigle était imputable à une destruction directe systématique. Aucun problème d’espace, de biotope, ni de poison ne se greffait là-dessus. Il suffisait donc d’interdire le tir pour permettre à l’aigle de prospérer.

Comme prévu par les spécialistes, ce succès n’a pas engendré les débordements craints à l’époque : la marmotte et le chamois se sont multipliés en même temps que l’aigle et aujourd’hui, des mécanismes naturels freinent l’accroissement de sa population.

Royale

D’un naturel plutôt pacifique lorsqu’il ne chasse pas, ce grand prédateur supporte sans broncher les importuns, nombreux à le houspiller. Grand corbeau, buse, chocard, crécerelle, crave réagissent à son passage et n’ont de cesse de le déranger. Lui, dans sa royauté, se contente de replier une aile, de baisser la tête ou d’esquiver une attaque trop serrée. Parfois excédé, il se lance dans une poursuite violente d’une étonnante rapidité qui fait fuir les assaillants à tire d’aile vers le bas, comme cette buse descendue en quelques secondes de Nax à Bramois, un aigle à ses trousses... Petites colères du roi qui n’insiste jamais plus qu’il n’en faut pour rappeler son rang.

... colère

Il est d’autres agressions : elles concernent l’autour des palombes. Prenons le cas de cet aigle qui déroule ses orbes planés sur la forêt de Saint-Martin. Il passe brusquement au vol battu, de type agressif, comme pour réagir à l’intrusion d’un autre aigle sur son territoire ; il se lance en ligne droite à travers la vallée d’Hérens pour plonger, quelques minutes plus tard, en forêt sous les Collons où il lève un autour. Pendant quelques minutes, d’abord sur la forêt, puis entre les arbres, l’aigle chasse ce malheureux qui ne l’avait sûrement pas provoqué… à plus de 4 km de lui ! Plus petit que la buse mais plus puissant, l’autour chasse sur les domaines du roi, prenant quelques lièvres, tétras-lyres ou lagopèdes. Faut-il chercher ailleurs la raison de ces attaques violentes et insistantes de l’aigle sur l’autour ?

Une abondance mesurée

A ce jour, nous avons recensé, Eric Ruedin et moi, environ 50 couples d’aigles en Valais. Les statistiques qui attribuent 105 km2 à chacun ne reflètent pas la réalité. La part qui revient à chaque couple dépend de la qualité du territoire, de sa topographie, de l’agressivité du propriétaire et du nombre de prétendants désireux d’occuper les lieux. Comme tout prédateur, l’aigle pratique le planning familial !

Dans les années 1970, les effets de la protection se faisant à peine sentir : de nombreux couples régnaient encore sur des espaces considérables englobant les basses vallées dans lesquelles on pouvait voir les vestiges pourris d’anciennes aires désertées.

Ainsi, le val d’Hérens ne comptait que trois couples, les aigles du Haut-de-Cry se promenaient jusqu’aux Follatères et au col du Lein, visitant régulièrement le coteau de Riddes où leur passage provoquait la colère des buses locales, tandis que ceux de la Lienne chassaient aussi bien sur les alpages de Nax que dans la haute vallée de la Tièche ou aux Audannes ! Ces années fastes ont permis à ces aigles de produire de nombreux jeunes. De cette époque date l’unique observation suisse de trois aiglons dans la même aire près de Zermatt.

Ces riches propriétaires furent les premiers confrontés à la pression des jeunes devenus adultes et désireux de s’installer. En 1973, le couple de la Lienne perdait la partie est de son domaine ; en 1981, un couple s’installait au piton de Nax, pénétrant petit à petit la vallée de la Borgne en direction de Saint-Martin, en 1985 les aigles du Haut-deCry abandonnaient la région de Fully-Saxon. En 1989, le couple d’Evionnaz devait céder la région de Martigny à de nouveau locataires… Cette rapide énumération traduit mal les âpres luttes et les traumatismes… psychologiques. Ainsi, un jeune couple a vécu plus de dix ans sur cinq kilomètres carrés, sans jamais se reproduire avant d’arracher un morceau de territoire à son voisin de Chandolin, entraînant du même coup l’arrêt de la nidification du vaincu qui n’a pu élever un jeune que cinq ans plus tard quand il eut lui-même « pris » le val de Réchy à un autre voisin… Si les territoires de la rive droite – Lizerne, Morge, Loèche par exemple – correspondent à la moyenne cantonale avec environ 100 km2 chacun, ceux des Alpes valaisannes avec leurs immenses glaciers – Evolène, Bagnes, Zermatt – dépassent largement 150 km2. Les nouveaux couples installés entre deux – et qui n’ont pratiquement pas de glaciers – se contentent souvent de 50 à 70 km2. D’un cas à l’autre, c’est la surface de terrain de chasse qui est constante : prés et pâturage, forêts claires et pelouses sèches doivent couvrir des besoins de nourriture identiques pour tous les couples.

Après l’éclatement des grands territoires qui incluaient la plaine du Rhône, la pression se porte maintenant sur les riches propriétaires de haute montagne : à Noël 1992, un nouveau couple s’est installé à Evolène, portant à cinq le nombre de paires du val d’Hérens et refoulant le maître des lieux à Arolla. Demain, les aigles de Fionnay qui gèrent encore 200 km2, connaîtront les mêmes tourments… A moins que la chute de la natalité observée n’entraîne une baisse d’effectif ou que les jeunes ne s’installent au Jura qu’ils visitent de plus en plus souvent.

Vagabondages

Tous les aigles ne vivent pas en couples sédentaires. Les jeunes quittent le domaine de leurs parents quatre à huit mois après leur premier vol et mènent, dès lors, et pour trois à cinq ans, une vie de vagabond, errant à travers les Alpes. Ces jeunes oiseaux se reconnaissent de loin à leur plumage chocolat, presque noir, contrastant fortement avec la base blanche des rectrices et des rémiges secondaires. A chaque mue, le blanc recule et le plumage adulte prend une teinte fauve, café au lait, sans trace de blanc. Contrairement aux immatures, les adultes non installés ne sont pas tolérés sur les territoires des aigles cantonnés.

Un jour d’été, un aigle adulte, aux ailes et à la queue en dents de scie, déchiquetées par une mue anormale, une véritable passoire, plane sur Vertsan, glisse vers l’ouest à travers le Haut-de-Cry, suivant les replis du terrain ; il disparaît régulièrement derrière les pics et les clochetons de ce massif calcaire puissamment sculpté. Soudain, il plonge sur une marmotte, la saisit, l’emporte et disparaît dans la pente sous Faraire. Ce comportement est celui d’un aigle traqué que jamais un adulte territorial ou un jeune erratique n’aurait adopté. Au contraire, le couple local prend grand soin de se montrer : c’est sa manière de signaler sa présence, l’équivalent de la crotte de la fouine ou du chant du rouge-gorge. Tout chez cet adulte errant trahit la difficulté de survivre :vol au ras du terrain pour échapper à l’attention des propriétaires, fuite au plus profond d’un vallon pour manger en toute discrétion, mue extraordinaire qui indique un mauvais état général : normalement la mue se déroule par étapes de telle sorte que l’outil de vol reste parfaitement fonctionnel.

C’est là ma seule observation de comportement discret en vingt ans d’étude. J’ai, par contre, fréquemment découvert des intrus, grâce au couple local qui les prenait en chasse. Juillet 1985, le couple de Ferret vole avec deux, tantôt trois individus immatures dans la région des Ars, sans conflits majeurs ; soudain, abandonnant les jeunes, le couple « prend ses ailes à son cou » et fonce à Champex d’Orsières, 6 km en aval, pour attaquer un autre aigle, sans blanc celui-là. Sans doute un voisin qui a dépassé les bornes. Comment puis-je le supposer ? Tout simplement parce qu’en d’autres occasions je me suis trouvé à l’extrémité opposée du déplacement agressif. Ainsi, durant la période expansionniste du nouveau couple de Nax, j’observais régulièrement à Lens d’où je voyais tous les sommets de la Sionne au Mont-Lachaux et tout le coteau de Nax. Après deux heures d’observation sans un seul aigle, des cris d’alarmes de mésanges me font lever la tête : le couple de Nax tourne sur le Christ-Roi… Je braque mes jumelles sur le Rawyl :rien. Satisfait de sa prestation, le couple de Nax disparaît derrière le Christ-Roi vers le sud, en ondulant. Coup d’œil au Rawyl :un aigle s'élève en orbes sur le Mont-Lachaux, rapide. Ayant gagné de la hauteur, il se dirige vers moi, avec de grandes ondulations, passe sur le Christ-roi et disparaît vers Nax. Une trentaine de secondes plus tard, il revient, regagne son poste sous le Mont-Lachaux et se pose, disparaissant de ma vue. La scène a duré six minutes. Six minutes pour régler un problème de propriété : le Christ-Roi, avec son doigt tendu vers le ciel sert de borne… pas de bagarre, seulement de l'intimidation. Pour un jeune ou un immature passant ici à Lens, l'aigle du Rawyl ne se serait pas donné toute cette peine. C'est ainsi, par bribes, que l'on reconstruit la vie et le point de vue des aigles.

S'il est aisé de recenser les couples, les erratiques ne se laissent guère dénombrer. L'hiver, la neige les rend plus visibles et les concentre sur une surface restreinte. On peut alors passer plusieurs jours dans les hautes vallées comme celle d'Arolla sans en apercevoir un seul. Mais plus bas, autour de Liddes ou dans la région ensoleillée de Saint-Martin ou encore sur le coteau de Fully, il peut y avoir cinq immatures le même jour. S'il est facile de les reconnaître lorsqu'ils séjournent deux ou trois jours dans la même région, il n'est guère possible de les identifier avec certitude trois ou quatre semaines plus tard. Pourtant en février 1992, un jeune, dont la patte droite cassée pendait misérablement, a montré son étonnante survie par un séjour au même endroit durant neuf semaines, sans doute nourri par ses parents.

C'est bien connu, les oiseaux chantent pour défendre leur territoire ou appeler un futur conjoint. Il arrive que les aigles crient : yuck yuck yuck yuck yuck. C'est essentiellement le fait des jeunes qui quémandent en poursuivant leurs parents ou des nouveaux couples qui s'installent. Les adultes donnent également de la voix au printemps. Leur appel ressemble aux aboiements d'un petit chien : ouaouaouaouaouaoua, mais il est rare et audible à 500 m à peine. Il et difficile d'imaginer qu'une telle confidentialité remplisse les exigences de la défense territoriale; on peut donc lui attribuer une fonction sexuelle. Chez les aigles, la défense du territoire passe par la vue.

Des aires sur des arbres

Nicheurs essentiellement rupestres dans les Alpes, nos aigles ont érigé quelques aires sur des arbres : sapins, épicéas, aroles ou mélèzes. Commodité de transport oblige, la plupart des aires se trouvent au-dessous des terrains de chasse, la plus basse de Suisse se situant à 700 m environ, en Valais. Mais on connaît des exceptions : un couple valaisan a construit l'aire la plus élevée d'Europe à 2700 m d'altitude, à 4 km de la forêt la plus proche. On imagine les difficultés d'approvisionnement que cela représente. Sans doute faut-il y trouver la raison de la présence d'un piquet de clôture, cueilli sur l'alpage voisin, pour construire le nid.

Dans de rares cas, les aires sont situées dans la falaise qui sert de limite territoriale. Cette position excentrique rallonge les trajets et complique l'élevage des jeunes. Chargé d'une marmotte capturée à Torrentalp, un aigle, ayant perdu de la hauteur en traversant la vallée de la Dala, est arrivé au pied de la falaise, loin sous le nid. Sa femelle tournoyait là-haut dans l'attente de l'apport et le poussin encore blanc se penchait par-dessus le bord en criant sa faim… Deux heures plus tard, l'aigle tournait toujours, se posant tantôt sur le rocher, tantôt sur un arbre, lourdement chargé, peinant à monter…

La révoltes des proies

Le roi des airs est capable de transpercer le crâne d'un chamois, nous dit la littérature. A voir la réaction des chamois qui se regroupent à l'approche de son ombre, je veux bien croire cette affirmation. J'ai vu des cabris de chamois, de bouquetins ou de… moutons dans les serres de l'aigle; des renards et des marmottes, des tétras-lyres aussi, mais jamais de chamois adultes. Ils sont trop lourds. Pourtant j'ai assisté à une attaque au cours de laquelle l'aigle s'est carrément "planté" dans la grosse neige de Mandelon, sur Hérémence, manquant de peu chamois doté de bons réflexes. L'envol du roi des airs ne fut pas plus glorieux que la remise sur pieds d'un skieur empêtré dans la poudreuse… et le chamois aurait pu assommer son prédateur. Par deux fois, j'ai aperçu un chamois menaçant l'aigle. Dans les deux cas, alors qu'un aigle posé au sol sur une petite éminence rocheuse observait son territoire, des chamois, en petit déplacement, arrivent soudain sous le caillou royal, découvrent le rapace et témoignent de leur crainte en hérissant les poils de l'échine. Crainte démesurée : à dix mètres l'aigle ne peut pas tenter une attaque. Les chamois hésitants, nerveux, passent un par un au pas de course sous le rocher, comme pour traverser un couloir d'avalanche, et se calment dès qu'ils sont au-dessus de l'aigle. Le dernier – fier de son exploit ? – s'arrête, se retourne, dresse sa crinière, racle du sabot et revient vers l'aigle. Quelques pas, raclement du sol, encore quelques pas, puis à quatre ou cinq mètres, il charge, tête baissée. A la dernière seconde, le chamois hésite, freine. L'assurance de l'aigle l'impressionne. Ce dernier écarte vaguement une aile. C'en est trop : le chamois prend la fuite quand l'aigle n'a même pas tenté de décoller. Chacun son rôle, la révolution des herbivores n'est pas pour demain !

Cassons encore du mythe : après le chamois qui voulait tuer un aigle, voici l'histoire de l'aigle fainéant qui vit de l'assistance publique. Sa majesté fait bombance de viande morte chaque fois qu'elle en trouve : cadavres congelés découverts lors de la fonte ou animaux domestiques jetés aux ordures figurent au menu. Dans ce cas, l'aigle ne recherche pas particulièrement la sécurité des gadoues dans les gorges de la Borgne, à Evolène ou à Vex, ou dans celles de la Lienne à Luc : j'ai vu le couple d'aigles de la vallée du Trient manger sur la place de la décharge de Finhaut, au bord de la route, levant la tête au passage des voitures…

Une victime inutile

En février 1994, observant l'installation d'un couple dans les contreforts du Haut-de-Cry, j'aperçois un immature en errance tentant de prendre un chamois au repos sur une étroite corniche en cul-de-sac. Peu expérimenté, le rapace plonge face à la paroi, pou monter en ressource contre le chamois qui échappe aux serres en se collant au rocher.

Quelques minutes plus tard, le même bovidé rumine tranquillement quand le nouveau couple, monté défendre sont territoire, l'avise. Le jeune mâle tente une passe, sans succès. Sa femelle, plus futée, s'élève au-dessus du chamois pour le prendre à revers, rasant la paroi en contre-plongée. Le mâle l'imite. Après quelques passes, le chamois tente une échappée par l'unique issue. Mais la femelle se pose sur le passage pendant que le mâle répète ses mortels piqués. Contraint par cette stratégie à faire face, le chamois saute contre les oiseaux, risquant à chaque bond de perdre l'équilibre. A sa deuxième tentative de fuite, il trouve de nouveau un aigle sur son chemin. Après vingt minutes, à la dix-huitième attaque, la femelle agrippe les cornes et tirs sa proie dans le vide… hors de ma vue. Comme les aigles restent moins d'une minute invisibles et ne visitent plus ces lieux les jours suivants, j'en conclu que la proie a disparu dans la rimaye au pied de la falaise… hors d'atteinte.

Encore des légendes

Je connais trop bien l'aigle royal pour croire n'importe quelle anecdote à son sujet. En juillet 1987, un aigle royal a attaqué un chien qu'il a ensuite tenté d'arracher des bras de son maître où il s'était réfugié. La photo de l'aigle, sagement posé au bord du chemin à trois mètres des gens, attendant qu'on lui donne la proie convoitée atteste de cette histoire incroyable. Elle hantait encore mon esprit quand René-Pierre Bille me raconta comment, lors d'une balade dans le vignoble de Salquenen en ce printemps 1987, il avait dû porter secours à des promeneurs affolés par les attaques d'un jeune aigle royal qui en voulait à leur chien et les suivait à pied. En fait, il s'agissait d'un aigle déniché en 1986 au val des Dix et libéré de la volière où il était tenu, à Salquenen précisément. René-Pierre Bille ajouta que cet aigle avait séjourné trois jours, en juin de la même année, à Chandolin, chassant les chats du village, mais avait fini en août 1988, tué à coups de bâtons, lors d'une ultime attaque sur un chien à Grimisuat : cet aigle avait été habitué à manger des chats ou des lapins apportés par un bipède.

On connaît assez bien le menu de l’aigle d’après les restes observés dans les aires : lièvre, marmotte, marte, fouine, chamois, chevreuil, renard, bouquetin, tétras-lyre et lagopède ont tous eu l’honneur de nourrir le roi des oiseaux. Mais en hiver, on voit souvent ce seigneur visiter les décharges où sont jetés les abats de boucherie, le jeune bétail mort-né.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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