Agriculture pendant la Seconde Guerre mondiale
De Wikivalais.
Les difficultés vécues par la population pendant la Première Guerre mondiale ont servi de leçon. En 1939, les autorités suisses ne sont pas totalement prises au dépourvu lorsque les frontières se ferment. Les mesures lancées dans les années 1930 sont renforcées pour assurer l’approvisionnement du pays. Dès 1940, le revenu paysan atteint la parité avec celui des travailleurs industriels. Comme dans d’autres domaines, la période marque un tournant et a une influence déterminante sur l’évolution future du monde agricole.
De l'agriculture traditionnelle...
Dès 1939, sur le front de la terre, le plan Wahlen suit et amplifie les mesures de Maurice Troillet en faveur du développement de l’agriculture. De 5000 avant guerre, les champs passent à 6000 hectares. Ce sont surtout les cultures vivrières qui sont favorisées. Le système de prise en charge des céréales par la Confédération est perfectionné. Les producteurs valaisans fournissent 500 000 kg de céréales panifiables. Les pommes de terre colonisent de nouveaux espaces. La Confédération fournit des semenceaux à prix réduit et le canton obtient qu’ils soient livrés sans supplément de prix aux populations de montagne.L’élevage du bétail, culture extensive par excellence, est le principal perdant de la réorientation agricole. Après avoir atteint son zénith en 1939, avec 71 340 têtes, le cheptel entame une phase de déclin irréversible. Les fourrages manquent. Les troupeaux sont littéralement décimés. En 1944, on ne recense plus que 60 881 têtes.
... aux cultures industrielles
A l’intérieur d’un marché fermé, les cultures industrielles tirent leur épingle du jeu. Privés d’importations, les grands marchés urbains se tournent vers les productions indigènes. Les fraisières de plaine et de montagne suppléent aux importations qui fournissaient la moitié du marché avant la guerre. En 1943, le Valais met 2,2 millions de kg sur le marché suisse. Aux traditionnelles asperges, viennent s’ajouter des nouveaux venus qui s’acclimatent très bien dans les sables de la plaine du Rhône : c’est le cas notamment des choux-fleurs et des tomates. Dans le Chablais, le tabac prend possession des nouvelles terres gagnées à la culture. En quelques années, les surfaces triplent et atteignent 158 hectares en 1946.
Les poires et les pommes, qui perdent leurs débouchés en France, partent à l’assaut du marché suisse-alémanique. En 1939 déjà, les 2/3 de la production valaisanne s’écoulent à Zurich, Bâle et Berne.
Dans la vigne une série de récoltes remarquables se suivent. Plusieurs années voient arriver sur le marché plus de 20 millions de litres, soit une moyenne de 1000 litres par propriétaires. Favorisés par un marché porteur et remodelés par une économie dirigée, les différents secteurs agricoles vont devoir affronter bientôt les défis de l’après-guerre.
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