Agriculture (1848-1914)

De Wikivalais.

Au milieu du XIXe siècle, l’agriculture bénéficie de toute l’attention des élites conservatrices. Les considérations économiques rejoignent des choix idéologiques, puisque, aux yeux du Conseil d’Etat, « l’agriculture est, après la religion, le plus puissant facteur de moralisation d’un Etat ».

Sommaire

Les objectifs et les défis de l'agriculture

Le Modzon à Hérémence par Raphy Dallèves

Depuis les années 1860, le gouvernement se soucie de répondre au défi que représente l’émigration, vécue comme une perte de substances vives du canton. La solution pour enrayer l’hémorragie paraît simple : il s’agit de donner du travail aux Valaisans et donc de développer l’agriculture. Pour atteindre cet objectif, l’endiguement du Rhône, qui doit permettre une extension des cultures de la plaine, semble essentiel. Mais il s’agit aussi d’exploiter de manière plus rationnelle des terrains jusqu’ici souvent mal cultivés. C’est dans cette perspective que se constitue, en 1868, une Société sédunoise d’agriculture qui organise un cours pratique d’arboriculture, ouvre un bureau des renseignements agricoles et édite bientôt un journal, Le Villageois. L’impulsion donnée, d’autres sociétés similaires voient le jour à Monthey, Chamoson ou Brigue.

Une école cantonale d'agriculture

Couronnement du mouvement, une école cantonale d’agriculture est ouverte à Ecône en 1891. Les mentalités paysannes n’évoluent que très lentement, mais l’on commence bientôt à raisonner en fonction d’un marché et non plus seulement en fonction des besoins d’une économie locale quasi autarcique.

Le développement d’une agriculture plus rationalisée se heurte également à un autre écueil : le morcellement de la propriété. En 1874, les quelques 20000 familles valaisannes, qui sont presque toutes propriétaires de leurs terres, se partagent 832444 parcelles, soit une moyenne de 41 parcelles par famille, ce qui est considérable. Un autre exemple est celui du vignoble qui compte, en 1916, 3161 hectares partagés entre 27732 propriétaires, avec une moyenne de 38 parcelles par hectare…

Les autorités communales sont conscientes des entraves qu’un tel morcellement présente pour une exploitation rentable des terres. Cependant, elles n’agissent guère, sensibles aussi à l’avantage idéologique de la situation, car, selon elles, « la possession des propriétés foncières, quoique exiguës, attache le citoyen à sa patrie ; elle l’anime, elle le moralise ».

Maurice Troillet et les progrès

Il faudra attendre l’entre-deux-guerres et Maurice Troillet pour voir enfin un remaniement parcellaire mettre véritablement l’agriculture valaisanne sur les rails du progrès.

Les résultats sont malgré tout encourageants et la production agricole s’améliore entre 1880 et 1912. Cela se traduit par une augmentation des exportations : de 141975 francs en 1883, l’exportation de fruits passe à 498070 francs en 1912 ; celle des vins et des raisins connaît une progression encore plus forte, passant de 1474250 francs en 1883 à 6156736 en 1912. Pourtant ces ventes n’arrivent pas à compenser les besoins en céréales et farines, et la balance commerciale agricole valaisanne demeure déficitaire jusqu’à la guerre.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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