Affirmation du Haut-Valais
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Les changements politiques survenus dans le Valais savoyard contribuent, avec d’autres facteurs certes, à rendre possibles des évolutions importantes dans la partie orientale du diocèse. Elles vont dans deux directions. D’une part, une petite principauté s’affirme en amont de Conthey ; les comtes évêques de Sion en sont les maîtres. D’autre part, le comte évêque doit partager de plus en plus son pouvoir temporel avec un « Conseil du Pays » (la future Diète), qui représente ses sujets, les « Patriotes ».
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Un évêque valaisan
Après des siècles d’obéissance à des évêques d’origine extérieure et souvent proches de la Maison de Savoie, l’année 1389 marque un tournant : un Valaisan, Guillaume de Rarogne, devient évêque de Sion. La marginalisation du Valais supérieur dans le regard des comtes rend désormais possible la désignation de pontifes qui ne subissent pas, ou moins, leur influence.
Le "Conseil du Pays"
De plus en plus engagé dans l’exercice du pouvoir aux côtés de l’évêque, le « Conseil du Pays » réunit les députés des communautés locales, paysannes pour la plupart. Convoqué plusieurs fois par année par l’évêque, il semble avoir réellement voix au chapitre : il est associé à toutes les grandes décisions. En fait, le « Conseil du Pays » devient de plus en plus autonome, au point que, aux XVIe et XVIIe siècles, l’évêque se verra confiné dans un rôle de figurant.
Walter Supersaxo, évêque de Sion (ca.1400-1482)
Né à Ernen, il est issu d’une famille de paysans enrichis. Il commence une carrière de clerc, puis sert de secrétaire à l’évêque Guillaume VI de Rarogne. Il devient curé d’Ernen et finalement chanoine de Sion en 1442. On a surtout vu en lui l’homme politique, mais son activité pastorale n’a rien de négligeable. En 1482, il promulgue des statuts synodaux détaillés et fait imprimer le bréviaire du diocèse. En tant qu’homme politique, il participe à la mise sur pied d’un nouveau code de droit (Landsrecht) qui met à jour les coutumes en vigueur dans la principauté.
Il est l’acteur le plus emblématique des changements politiques et sociaux survenus en Valais à la fin du Moyen Age. Evêque de Sion de 1457 à sa mort, en 1482, il est resté fameux pour avoir, en 1475, repris (sans grande difficulté …) aux Savoie la majeure partie du Valais occidental, considéré comme appartenant au patrimoine ancien de l’Eglise de Sion.
Le changement
Le changement de souveraineté ne semble pas avoir affecté de manière significative la vie quotidienne dans le pays conquis. Il a en revanche lésé les historiens ! En effet, les nouveaux maîtres du Valais occidental renoncent à la plupart des pratiques administratives bien rôdées par les Savoyards (en particulier les comptabilités écrites et détaillées), ou du moins les simplifient beaucoup. Seuls subsistent, pour des raisons financières évidentes, les registres de « reconnaissances » foncières.
Qui sont les évêques de Sion ?
Jusqu’à Henri Asperlin, mort en 1457, ils sont originaires du dizain de Rarogne et descendent de familles nobles et influentes. Walter Supersaxo (1457-1482), Nicolas Schiner (1496-1499) et son neveu Mathieu Schiner (1499-1522) appartiennent, eux, au milieu de la paysannerie aisée et viennent d’une autre région de la principauté, la paroisse d’Ernen, dans la vallée de Conches.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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