Activités et économie à l'époque romaine

De Wikivalais

Nos connaissances de l’économie alpine antique reposent autant sur les textes des auteurs latins que sur les connaissances archéologiques. Le mode de vie de l’époque est avant tout agro-pastoral. Cependant, les instruments liés à ces activités, en vannerie, en bois et parfois en métal ne sont que rarement conservés. Les gestes et pratiques d’autrefois sont donc difficiles à reconstituer si bien qu’il n’est pas aisé de dresser un tableau toujours réaliste de l’économie du moment. L’application récente de sciences spécialisées – botanique, palynologie, archéozoologie… – à l’étude des sites gallo-romains comme Martigny ou Brigue, s’efforce, quant à elle, de donner un éclairage nouveau sur certaines particularités alpines.

La population du Valais est déjà à l’époque romaine une population active qui sait s’adapter aux conditions géographiques et climatiques particulières de la région.

Les Valaisans tirent de substantiels revenus du transit de marchandises par les cols alpins ce qui permet ainsi de diversifier leurs activités.

Sommaire

Les cultures et l'élevage

Comme auparavant, au pied des coteaux et sur les versants bien exposés, ils pratiquent la culture des céréales (blé, orge, avoine, épeautre, millet, probablement seigle…), mais aussi des lentilles, des pois et des haricots. Les champs sont labourés au moyen de l’araire, l’ancêtre de la charrue, comme l’indique la présence de nombreux sillons parallèles et perpendiculaires creusés dans le sol et identifiés à Gamsen et Martigny. Ce sont les Romains qui, en plus du châtaignier et du noyer, ont introduit la vigne en Valais. Cependant, rien ne prouve que les plus anciens cépages connus (humagne blanche, rèze, amigne, arvine) sont alors cultivés. Progressivement, les habitudes alimentaires des Valaisans évoluent au contact de la civilisation romaine. L’élevage s’intensifie. Un bœuf et un porc de haute taille sont introduits dans le cheptel valaisan, alors composé en majorité par des chèvres et des moutons.

Les animaux fournissent, outre de la viande, du cuir, de la laine, du lait, du beurre et du fromage. Quant à la chasse, elle semble peu pratiquée, même si la faune sauvage est fort variée. Enfin, la découverte d’hameçons, d’écailles et d’arêtes de poissons, notamment de truite, atteste la pratique de la pêche. De nombreux objets de tabletterie (épingles, aiguilles, dés, peignes, jetons, manches…) sont aussi fabriqués à partir d’ossements animaux.

Le commerce

La vente de ces denrées, notamment sur le marché de Martigny, procure aux paysans des gains appréciables ; en outre, ils peuvent s’approvisionner en produits venant des quatre coins de l’Empire : vin, huile d’olive, garum, épices, étoffes, verre, marbre… Le commerce est alors une composante essentielle de l’économie de la région.

Les matières premières

En ce qui concerne celles exploitables dans les Alpes, comme le fer ou le cuivre, elles n’ont jamais été extraites à grande échelle, sans doute en raison de la modestie des filons et des difficultés d’accès. Peut-être sont-elles aussi importées de grands centres industriels qui en produisent à des prix très concurrentiels. En revanche, le cristal de roche, le calcaire, la serpentine et la pierre ollaire sont surtout exploités pour les besoins régionaux Les travaux de construction et les nombreuses installations de chauffage provoquent une exploitation intensive des forêts à proximité des centres habités. L’introduction de nouveaux procédés techniques plus sophistiqués, au niveau de la métallurgie ou de la production de céramique, donne un nouvel élan à un artisanat déjà florissant avant la conquête romaine. Les productions se diversifient (verre, cuir…).

La céramique

La céramique dite « indigène », de tradition locale, continue à être fabriquée durant le Ier siècle après J.-C. et même plus tardivement dans le Haut-Valais.

Quant aux éléments indispensables à l’évolution architecturale des villes romanisées (notamment l’usage du mortier dans la construction), ils ont sans doute été confectionnés sur place par une main d’œuvre locale formée par des ouvriers, des artisans spécialisés, mais aussi des architectes, des ingénieurs et des sculpteurs, venus de Rome ou des contrées déjà romanisées.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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