1985-1997 : une économie vulnérable
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L'affaiblissement de la conjoncture
Après l’effervescence des années 1980, l'économie valaisanne subit directement les fluctuations internationales. Dès 1991, la conjoncture s’affaiblit et la suppression d’emplois touche particulièrement la plaine du Rhône et le Chablais, et des branches aussi variées que l’industrie des machines, la chimie, la construction, les banques et assurances, le commerce de détail ou l’hôtellerie. En 1997, lors de la plus grosse crise du siècle, le taux de chômage s’élève à 7% en Valais, alors qu’en Suisse, il atteint 5%.
L'agriculture
Depuis le début des années 1990, l’agriculture suisse connaît de rapides transformations économiques et écologiques. La suppression du système des trois phases (1951-1995), qui restreignait l’importation de produits étrangers, fragilise cette branche, alors qu’elle doit affronter un marché mondial ouvert, et que le revenu des exploitations agricole baisse régulièrement depuis la fin des années 1980.
Une comparaison entre l’agriculture suisse et l’agriculture valaisanne met en évidence les spécificités de cette dernière, qui concentre les trois quarts du rendement brut dans la production végétale et le quart dans la production animale, alors qu’au niveau fédéral le rapport est le même, mais inversé. Le versement de subventions fédérales se justifie désormais par le caractère multifonctionnel de l'agriculture: à la production de biens alimentaires s'ajoutent des prestations d'intérêt public comme le maintient de la biodiversité ou l'entretien du paysage. Le Valais s'adapte à ces nouvelles exigences, guidés par les intérêts conjoints de l'agriculture et du tourisme. Cette branche a tout à gagner d'espaces cultivés avec soin et de l'offre de produits originaux comme le fromage à raclette, le pain de seigle, l'eau-de-vie de poires william et d'abricots, pour lesquels le canton demande l'homologation des appellations d'origine contrôlée (AOC). Cette recherche de qualité se heurte à des obstacles, comme la difficulté de structurer la commercialisation ou la pratique routinière de producteurs dont l'agriculture n'est qu'une activité accessoire. En effet, la majorité de la main-d'œuvre agricole valaisanne (84%) est occupée à titre accessoire en 1990, alors que la moyenne suisse se situe à 42%.
Une grande industrie performante
Quant à la grande industrie, elle devient de plus en plus performante. L'industrie chimique et métallurgique domine aujourd'hui encore l'activité du secteur secondaire en Valais, tant par l'importance de sa production que par le nombre de personnes qu'elle occupe, ou par l'énergie qu'elle absorbe. Elle contribue à l'activité de petites et moyennes entreprises. L'âge d'or de la construction s'achève au début des années 1990, l'équipement en logements avoisines alors la saturation.
La mutation structurelle des services
Les gains de productivité, la fusion, la centralisation ou la délocalisation touchent de plein fouet les services, où l'informatisation provoque une importante mutation structurelle. C'est la première atteinte sérieuse à ce secteur, qui a connu un développement constant durant le dernier demi-siècle.
L'hôtellerie et la restauration
Deuxième employeur du tertiaire, l'hôtellerie et la restauration présente une grande sensibilité conjoncturelle et la fréquentation diminue. En pariant sur une clientèle sportive, en plaçant ses stations en concurrence, le Valais s'est limité dans la promotion de ses atouts. Différentes initiatives tendent à enrayer ce phénomène dépressif. Elles mettent en valeur le patrimoine culturel ou naturel, proposent des divertissements valorisant les infrastructures existantes en les associant au tourisme de détente, en remettant au goût du jour le thermalisme. En outre, le tourisme a stimulé la demande en télécommunications; le potentiel actuel est exploité avec profit par les forums et congrès internationaux.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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